Archivez vos caches !

by Fabien
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Archivez vos caches ! Oui, oui, vous m’avez bien lu ! Archivez vos caches ! D’ailleurs, Bryan Roth, le président de geocaching.com l’appelait de ses vœux pour 2020. « Please consider archiving your caches. Seriously, archiving. » (S’il vous plait, songez à archiver vos caches. Sérieusement, archivez). Bien sûr, vous vous en doutez, le titre de l’article est complètement ‘putaclic’ et la phrase est soigneusement sortie de son contexte. Mais il n’empêche que le fond est bien réel et cet article est bien un appel à archiver vos caches. Mais attendez peut-être d’être arrivé à la fin du texte avant de cliquer sur « Archive » ;).

 

La première fois que j’ai entendu un appel à l’archivage des caches, ce fut de la bouche de Bryan Roth.  Pour rappel, Bryan Roth, n’est rien de moins que le président et cofondateur de Groundspeak. Autant dire que sa parole a du poids dans le monde du géocaching. Je l’ai entendu à deux reprises, dans deux des podcasts les plus écoutés par la communauté internationale des géocacheurs. Mais pourquoi souhaiterait-il que l’on archive les caches ?

Bryan Roth. Source : https://www.geocaching.com/blog/podcast/episode-33/

 

Les propos originaux

Je vous propose donc deux traductions (très) libres de ses propos via mon mauvais anglais (mâtiné de mon mauvais français… car je vous épargne mon bon lorrain :p).

Tout d’abord, l’intervention la plus complète sur le sujet vient de The PodCacher Podcast de Sonny et Sandy à l’occasion de l’épisode 700. Bryan Roth s’exprime sur différents sujets autour des 20 ans du géocaching et va spontanément évoquer le sujet en conclusion de l’épisode.

J’aimerais voir un changement dans les années à venir. J’aimerais voir un effort global de la communauté, encouragé par le Geocaching HQ pour rafraîchir le « plateau de jeu ». Si vous êtes propriétaire d’une cache qui a 5 ou 6 ans et dont le nombre de trouvailles s’est raréfié parce qu’elle a été trouvée par tout le monde ou qu’elle a disparu ou quelque chose dans ce genre-là, s’il vous plait songez à archiver vos caches. Libérez de la place pour de nouvelles caches ou replacez vous-même une nouvelle cache. Rafraichissez le plateau de jeu !

Je ne dis pas d’archiver de vieilles caches très favorisées ou des caches qui pourraient être utiles pour le Jasmer ou d’autres types de challenges. Mais nous savons que le premier mois où est placée une cache sera le mois où elle sera trouvée le plus trouvé de son histoire . Le deuxième mois, elle le sera un peu moins, et le troisième mois elle le sera encore un peu moins. Quand cela fait 2 ans, 5 ans ou plus qu’elle est en ligne, envisagez d’archiver vos caches. Sérieusement, pensez à archiver ! Remplacez éventuellement la cache vous-même, surtout si vous possédez une boite plus grande. Ce que nous ne voudrions pas pour la communauté, c’est une saturation mondiale de caches que tout le monde a déjà trouvées. Les géocacheurs très actifs qui ont déjà nettoyé la zone doivent aller de plus en plus loin pour trouver des caches. C’est une situation qui n’est idéale pour personne. Et si vous maintenez une boite qui est trouvée une fois tous les deux ou trois mois, pensez peut-être à faire de la place pour que quelqu’un d’autre y mette une cache. Je pense que cela peut vraiment raviver le jeu et que plus de personnes seront heureuses de jouer. Donc c’est quelque chose que j’aimerai beaucoup voir dans les années qui viennent.

Sonny et Bryan. Source : SonnyandSandy (CC BY-NC-ND 2.0)

 

La seconde intervention fut dans The Geocache Talk de Gary et Jesse. Il s’agit de l’épisode 186 dédié également aux 20 ans du géocaching.

Il y a des caches historiques notables qui doivent absolument être préservées, mais il y a des caches ‘normales’ qui ne sont plus loguées parce que tout le monde les a déjà trouvées. Si vous en êtes l’owner pensez peut être à archiver ces caches. Laissez quelqu’un d’autre placer une cache ou archivez votre cache et placez-en une plus grosse si vous le pouvez. Gardez l’expérience « fraiche ». Donnez aux gens des choses à trouver. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où les géocacheurs très actifs doivent aller de plus en plus loin de chez eux, juste pour trouver une cache.

 

Une baisse de la fréquentation avec le temps ?

Je vous propose quelques graphiques au cours de cet article pour illustrer la fréquentation des caches. En ordonnée vous trouverez le nombre de trouvailles et en abscisse le nombre de jours depuis la pose de la cache. Chaque trait représente un mois de la vie de la cache. J’ai eu la flemme de faire plus détaillé. Évidemment, l’année 2020 est « un peu » particulière.

Voilà à quoi ressemble la vie d’une cache « normale ». Plus le temps passe, moins il y a de passage dessus. C’est assez logique et cela coïncide avec les stats de Groundspeak. Ici, il s’agit par exemple de la cache GC20ZTM posée en novembre 2009 et qui comptabilise 188 visites. Il y aura eu 2 passages en 2020 et pas plus en 2019. J’ai évidemment fait des tests avec pas mal de vieilles caches et les graphiques se ressemblent souvent. Vous me direz que le top aurait été de pouvoir injecter plusieurs caches dans le graphique pour pouvoir faire une moyenne. Oui, mais… je n’avais pas envie de coder un truc plus compliqué :p. Il faudra me croire quand je vous dis que c’est un profil de graphe de fréquentation assez typique pour une cache qui a environ 5 ou 6 ans.

GC20ZTM

Attention, je vous montre ici une cache « standard ». Quand je dis standard, je pense à une cache qui n’est pas dans une zone très touristique, qui n’est pas spécialement bien favorisée, et qui finalement n’a pas grand-chose de spécial. Vous voyez un tube d’aspirine dans le lavoir d’un petit village ? Et bien c’est l’idée d’une cache « standard ».

Je vous propose un autre exemple à savoir une cache bonus d’un géoart de mystery GC6XG29. Publiée en novembre 2016, elle fut trouvée 123 fois. Vous remarquerez que le profil est relativement similaire alors qu’elle est moins vieille. Ici, la plupart de ceux qui comptaient résoudre les mysteries sont certainement passés assez rapidement. Restent quelques retardataires ou des géocacheurs venant de plus loin. Il y a parfois un pic qui correspond souvent au passage d’une grosse équipe ou à la pose d’une nouvelle cache pas loin. Rendez-vous dans quelques années pour voir un « encéphalogramme » plat.

GC6XG29

 

Évidemment tous les graphiques ne ressemblent pas forcément à ça. Nous allons voir cela par la suite.

 

Parfois, une cache n’est simplement pas cherchée.

Des fois, malheureusement, une cache possède des chiffres de fréquentation qui sont chroniquement bas. Faut-il archiver ses caches qui ne dénombrent que 2 ou 3 logs par an ? Je pense qu’il faut distinguer trois types de situations.

Première situation : la cache est isolée dans un secteur où peu d’autres caches sont présentes. Je pense que dans ce cas, il faut absolument garder des caches sur ce secteur. On est loin du risque de saturation. À défaut de leurs qualités, c’est souvent leurs densités qui feront venir les géocacheurs. Il faut donc que des caches « amorcent la pompe ». L’idéal étant évidemment tout de même que leurs qualités fassent venir spontanément les géocacheurs via l’effet de bouche à oreille. L’autre option est donc d’en poser d’autres pour avoir un effet attractif. Ne vous leurrez pas, une fois le FTF passé, peu de monde fera 30 minutes ou plus de route pour aller chercher une cache unique dans un pot de confiture sous des pierres au milieu d’un champ.

Voici un exemple. Il s’agit pourtant d’une cache présente dans une série et dont l’owner possède une bonne réputation. Mais elle se trouve dans un secteur avec très peu de géocacheurs. En fait, il y a même peu d’habitants tout court. De plus, elle est à environ 1h de route des plus proches grosses villes. Si cette cache disparaissait, elle ne serait certainement pas remplacée par un autre géocacheur.

Deuxième situation : la cache est difficile. La difficulté de terrain est très élevée ou bien l’énigme et/ou le camouflage sont diaboliques. La trouver est un challenge et peu de géocacheurs en sont capables. Je pense qu’il faut des caches pour tout le monde : des simples, des physiques, des ingénieuses, des rapides à trouver, des qui vont demanderont la journée, des énigmes complexes, etc. J’ai souvenir de caches qui me semblaient impossibles à mes débuts et que je peux maintenant loguer. Je connais des géocacheurs qui peuvent passer des mois avec une énigme en tâche de fond. Souvent ces caches ont une « aura » du fait justement de leur caractère un peu élitiste. Je plaide pour que ces caches soient conservées, au moins un temps. Toutefois, il arrive un moment où « tous ceux » qui pouvaient trouver la cache l’ont trouvé. Jusque quand alors la maintenir ? Quelle est encore sa raison d’être ?

Par exemple, pour les T5, les T5’eurs se connaissent en général entre eux. Quand tous les géocacheurs locaux susceptibles d’y accéder sont venus, la maintenir a-t-il encore un sens ? Pour de la D5, la situation est différente et je pense qu’il faudra distinguer une cache très difficile, mais réalisable, de la « troisième situation ».

Voici un exemple d’une multi D5 de terrain très réputé dans la région pour sa complexité et son ingéniosité. Il s’agit de GC22RAM qui fut trouvée 43 fois en 10 ans. La dernière trouvaille fut faite il y a bientôt 2 ans par une grosse équipe, d’où le pic. Finalement ici, la seule limite d’une nouvelle trouvaille est la patience et l’opiniâtreté. Certains peuvent revenir 10 fois sur une cache.

Troisième situation : la cache est nulle. C’est triste pour son owner, mais cela arrive. Une cache complètement off, sans aucun intérêt, avec une énigme qui ne peut être résolue qui si on est la tête de l’owner, etc., etc. Bref, une fois les premiers found it effectués, la réputation de la cache est faite. Autant on parle volontiers à ses amis géocacheurs des « caches à faire », autant on indique également celle qui ne méritent pas le passage. J’ai quelques exemples dans mon secteur où la réputation de la cache/de l’owner font que pour ma part, qui ne suis par en quête de stats, j’évite la recherche. Je sais que c’est dur, mais à un moment il faut songer à l’archivage. On a tous le droit de se tromper. La cache est peut-être incomprise, mais elle est peut-être incompréhensible, et malheureusement la finalité est la même et nuira à la réputation de l’owner. Certaines forêts furent complètement « pourries » par un owner qui dans sa ferveur des débuts a saturé en quelques semaines plusieurs forets de caches que personne ne voulait aller chercher.

Un exemple d’une cache que personne ne veut aller chercher. Évidemment, je ne vous donnerai pas le code GC :p. En plus d’une énigme bancale, la boite est plus ou moins jetée n’importe où. Résultat 15 trouvailles en 5 ans dans un secteur où les géocacheurs sont plutôt actifs et nombreux. Mais étonnamment, il y a parfois des amateurs qui recherchent le côté « nanar ».

Archivez la cache pour le bien de tous… dont le votre !

Dans certains secteurs complètement saturés, il est devenu quasiment impossible d’y placer de nouvelles caches, en tout cas des caches intéressantes. Le plateau de jeu est donc sclérosé et plus rien ne bouge. Conclusion : le jeu est mort. À part être nouveau géocacheur ou touriste, la communauté locale ne peut plus faire de découvertes dans son secteur. Ainsi, je pense que le renouvellement des géocaches est un signe de bonne santé du jeu.

Comme vous l’avez lu dans les propos de Bryan Roth, le but est de vous faire archiver certaines de vos caches afin de raviver le jeu et de permettre aux anciens joueurs de continuer à trouver des caches sans devoir forcement aller de plus en plus loin.

Pourquoi donc prendre spécialement soin des géocacheurs qui trouvent le plus de caches ? Parce que c’est en partie eux qui font vivre le jeu. Évidemment pas uniquement, et même si je n’ai pas les stats, on peut facilement imaginer que plus on est actif dans la recherche, plus on a de chance d’être impliqué dans le géocaching, de poser des caches, de dépenser de l’argent en abonnement, trackables et autres. Bref, de permettre au géocaching d’être actif et attractif. Le but de Groundspeak est de conserver l’enthousiasme de ces géocacheurs pour ne pas réduire leur niveau d’engagement dans le jeu par des distances à parcourir de plus en plus longues et donc par une certaine lassitude.

Pourquoi cela a aussi un impact sur les géocacheurs qui ne sont pas les plus actifs ? Mes propos se basent uniquement sur ce que je remarque autour de moi, mais finalement un géocacheur très actif à un rayon de recherche qui est naturellement relativement grand. Il a facilement tendance à partir pour la journée, pour le week-end pour les plus acharnés, voire encore plus pour les plus addicts ;). Finalement, le rayon d’action dans ces cas-là peut être conséquent. Faire une heure de route pour se rendre sur place et faire une journée de géocaching ne rebutera pas les géocacheurs les plus assidus. Par contre pour des géocacheurs occasionnels qui ne veulent faire, par exemple,  qu’une courte balade avec des enfants, le manque de nouvelles géocaches risque de se faire ressentir beaucoup plus vite. S’il faut faire 20 minutes de route pour se rendre sur un lieu afin de faire 1h30 de géocaching, cela risque d’être rapidement rédhibitoire.

Si on archive une cache, est-ce vraiment une perte pour les géocacheurs qui ne l’auraient pas encore trouvée ? Si la cache est remplacée par autre chose d’équivalent ou de mieux, absolument pas. À part peut-être un peu de frustration du fait du FOMO (Fear Of Missing Out ou « peur de rater quelque chose »), techniquement cela ne changera rien pour eux. Au contraire, s’ils avaient planifié de passer sur votre cache dans le futur, ils auront une boite neuve au lieu d’une vieille boite.

Oui, mais, pourquoi je retirerais ma cache ? Il y a un petit bout de ma vie de géocacheur dedans et en plus pour un cache « tube de médicament », elle est joliment peinte en noir ! Et c’est moi qui l’ai fait ! Ne seriez-vous pas victime de l’effet Ikea ? Il est évidemment difficile d’archiver une de ses caches, surtout si c’est une de ses premières. Mais demandez-vous pourquoi vous l’avez posé ?

Si c’est pour faire plaisir au maximum de géocacheurs et pour qu’ils la trouvent, il est peut-être temps d’en replacer une nouvelle qu’ils pourront trouver à nouveau.  Vous allez voir que vous allez à nouveau avoir un pic d’activité sur vos caches et d’agréables logs.

Si vous avez posé la cache pour faire monter vos stats de poseur. Euh… pourquoi pas, même si je n’en vois pas trop l’intérêt, vous serez rassuré de savoir que vos stats ne baisseront pas.

De plus, si vous êtes un owner scrupuleux, vous allez faire régulièrement une virée de maintenance sur vos caches pour vérifier que tout se passe bien. Quand il y a plus de maintenances que de visites, cela doit vous mettre la puce à l’oreille. J’ai souvenir d’une boucle où, de mémoire, il y avait 6 passages de maintenance de l’owner sur un an, avec parfois des réparations, pour une seule team (la nôtre) qui fit la boucle sur cette même année, soit 3 personnes ce jour-là. Le rapport énergie dépensée/retour est-il encore pertinent à ce stade-là ?

Car, avec le temps les caches s’abiment, c’est un fait. Les manipulations des géocacheurs, les conditions météorologiques, les animaux de toutes tailles font que les caches se détériorent. Une cache en bois après quelques années peut rapidement ressembler à un puzzle, tout comme votre boite en plastique après quelques gelées. La maintenance devient de plus en plus pénible. Plutôt que de remplacer une boite travaillée par un simple petling, ne serait-il pas plus logique de l’archiver et repartir de zéro ?

Une cache faite main après quelques années dans une forêt

 

Placez de plus « grosses » caches

Placez de plus grosses caches ! Bryan Roth semble insister sur « Bigger ». J’imagine que quand il parle de « grosses » caches, il ne parle pas seulement de la taille, mais surtout de l’ambition qu’il y a derrière. En tout cas, personnellement, je vous encourage à surtout placer des caches plus ambitieuses. Alors oui, des caches plus ambitieuses ça veut tout dire et ne rien dire. Hé bien justement ! Chacun à sa vision des choses et tant mieux ! Une boite plus étanche, plus grosse, mieux camouflée, mieux décorée, plus originale, avec un thème, une meilleure énigme, un meilleur scénario, etc. On pose tous les boites que l’on aimerait trouver. Enfin j’espère que vous auriez plaisir à trouver votre propre boite. Il y a souvent, au démarrage de sa carrière de géocacheur, une phase où l’on veut poser, parfois beaucoup et rapidement, et souvent sans avoir une vision globale du champ des possibles. Je ne dis pas que c’est mal, au contraire : posez ! Mais de fait, l’injonction de poser mieux vous est particulièrement destinée. Une fois que vous aurez un peu de recul sur vos boites et surtout sur celles des autres : archivez et posez plus « gros »!

Et si vous êtes un géocacheur expérimenté, vous aurez certainement remarqué, comme moi, une hausse du niveau des plus belles caches. Électronique, impression 3D, menuiserie, système diabolique d’ouverture ou de camouflage, aventures toujours plus immersives avec des scénarios toujours plus élaborés, énigmes qui sont parfois de vrais petits jeux, caches de plus en plus physiques et engagées, etc., etc. On ne pose plus comme il y a 10 ans. Je me souviens de mes premières poses : une bûche creusée, un faux escargot, un faux tapis d’herbe, etc. J’étais très fier de moi à l’époque ! Aujourd’hui, c’est quasiment la base. Dans certaines régions, le niveau progresse rapidement de par un effet d’émulation : les plus inventifs entrainant les plus motivés dans leur sillage.

« Bigger » avec ce labyrinthe électronique d’un owner bien connu au Luxembourg.

 

Ma cache tire sa révérence !

Ça y est ? Vous êtes convaincu ? Vous allez retirer votre vieille série qui s’abime de plus en plus et que plus personne ne vient visiter ? Bravo ! Il y a donc deux options.

Premièrement, vous laissez la place à d’autres géocacheurs, car vous avez assez vu ce spot et vous voulez changer d’air ou tout simplement vous n’avez plus le temps ou l’envie de poser. Vous pouvez alors archiver votre cache sur le site ET aller enlever votre boite qui est en place. Vous pouvez aussi proposer à un géocacheur qui n’a pas encore fait la cache d’aller la faire et de revenir avec. Ça peut être pratique si elle n’est pas simple d’accès. Mais pensez vraiment à retirer vos caches archivées. Il y a déjà assez de déchets dans la nature sans que le géocaching n’y contribue un peu plus.

La seconde option est de poser une nouvelle cache au même endroit. En tant qu’owner de la cache actuelle, vous avez la chance de pouvoir vous réserver la place. Vu que la priorité est donnée au premier qui demande un spot, il vous suffira de préparer votre cache au préalable et de faire votre demande au reviewer dans la foulée de l’archivage de la cache précédente.

Certains poseurs décident parfois de reposer la cache à l’identique. Elle est alors souvent alors suivie de l’indication « Reloaded ». Ceci ne semble pertinent que pour le cas de certaines caches « mythiques ».

Dans tous les cas, notamment si vous remarquez que votre cache est suivie par d’autres géocacheurs, n’hésitez pas a prévenir de l’archivage à venir et a donner une date. Cela permettra éventuellement à ceux qui voudraient faire la cache de passer avant sa disparition.

Appuierez-vous sur le bouton rouge ?

 

Quelles caches ne faut-il pas archiver ?

Brian Roth explique qu’il y a des exceptions dans les caches à archiver. Ce sont les caches qui font partie de l’histoire du secteur, voire du géocaching ! Par exemple, personne ne songerait à faire archiver les GC40 ou GC42, nos vénérables ancêtres européennes. De même, d’autres caches sont absolument indispensables pour pouvoir réaliser certains challenges tels que le Jasmer. Si elles devaient être archivées, c’est un challenge qui devient irréalisable pour tout ceux n’ayant pas trouvé cette cache.

Il y a évidemment des caches dont la fréquentation ne baisse pas. C’est notamment le cas des caches qui sont dans des lieux très touristiques ou qui ont un grand pouvoir d’attraction du fait d’un très grand nombre de favoris. Par exemple, une cache qui cumule les deux caractéristiques est « Eiffel Power » (GC5552H). Passé le pic de départ, les chiffres restent assez stables avec des pics tous les étés. Grâce au tourisme, c’est la population des géocacheurs qui se renouvelle régulièrement à défaut du renouvellement de la cache. Seule l’année 2020 est évidemment particulière.

Et puis, il y a des caches particulières à un secteur qui, même si elles n’ont pas d’intérêt spécifique pour les challenges, ont une certaine cote d’amour pour les géocacheurs de la région. Dans la mienne, par exemple, il y a des caches de Ruispalat, géocacheur aujourd’hui « retraité », qui fut le premier à proposer des caches qui sortaient de l’ordinaire tant de par leur localisation que de par leur contenant. Je pense par exemple à la cache « Le nid d’aigle » (GC2WZNQ), cache 5/5 qui consiste à grimper sur un ancien pilier de pont et qui nécessite du matériel de grimpe, mais aussi aquatique. Je sais qu’elle fait, par exemple, partie des caches que les géocacheurs du coin considèrent comme faisant partie du « patrimoine local ».

Parfois c’est une des belles caches d’un géocacheur décédé qui fait partie de ce que les locaux considèrent comme des caches appartenant au patrimoine.

Attention toutefois, à ne pas transformer certains secteurs en musée.

 

Et alors comment cela fonctionne quand l’owner arrête le géocaching?

Dans l’idéal, si l’owner considère que sa cache doit lui « survivre », celui-ci va faire adopter sa cache.  Cela se fait simplement en passant par le site geocaching.com. Il existe une page dédiée qui se trouve ici.

Quand l’arrêt du géocaching est brutal, il arrive parfois que la maintenance soit faite par la communauté des géocacheurs. Ceux-ci, d’un accord tacite sur certaines caches, entretiennent la boite sans passer par un « need maintenance » qui conduirait fatalement à un archivage au bout d’un moment.

Dans les autres cas, arrivera fatalement un jour un need maintenance qui, à terme, donnera le clap de fin de la cache.

 

L’expérimentation de nettoyage de Groundspeak

Groundspeak a expérimenté, en Georgie et en Caroline du Nord, un « nettoyage » des états de leurs caches à l’abandon. Ils ont ainsi identifié les caches dont les owners ne se sont pas connectés depuis 5 ans. Ils ont ensuite désactivé ces caches, posté un message sur la page de la cache et directement à l’owner pour leur demander s’ils étaient toujours actifs et assuraient encore la maintenance de leurs caches. En absence de réponse, les caches furent archivées au bout d’un mois. Et évidemment la majorité le fut.

Groundspeak considère l’opération comme une expérimentation. Ils en ont profité pour mesurer comment la communauté a réagi après ce nettoyage. Ils indiquent que c’était un test et qu’ils n’ont pas prévu de renouveler l’opération dans un futur proche, mais que, toutefois, ils n’en excluent pas la possibilité.

 

Et quand la cache est archivée ? Tout est fini ?

Pas forcement. Une cache archivée ne veut pas forcement dire une cache retirée, malheureusement… ou pas, pour certains. Certains géocacheurs, plutôt dans leur version hardcore, se font un grand plaisir de loguer des caches archivées.

Techniquement c’est possible tant que la boite est toujours présente et que la cache n’est pas verrouillée, ce qui n’arrive normalement que suite à un problème. Les règles étant que si on peut signer le logbook, on peut valider la cache, il est normalement possible d’aller loguer une cache archivée si on l’a effectivement trouvée.

Libre ensuite à chacun d’avoir son opinion sur la pratique, mais à ma connaissance elle n’est pas interdite. Pensez quand même, avant de vous lancer, à vérifier que vous avez une chance de trouver la cache et de pouvoir valider votre découverte. Par exemple, pour 2021, l’équipe de Geocache Talk s’est lancé le défi de trouver une des caches APE archivées.

 

Comment trouver une cache archivée ?

Tout d’abord une cache archivée n’est jamais retirée du site geocaching.com, si vous connaissez son code GC, vous la trouverez. Vous pourriez également chercher via l’owner, voire, si vous êtes patient en sachant qui l’a trouvé.

Enfin vous la trouverez certainement sur mides.fr. Il existe une catégorie « Les caches archivées ». Malheureusement, vous n’aurez ni lien, ni code GC, ni owner.

 

Une petite anecdote pour finir

Ainsi comme tout ce qui existe, une cache a un début et une fin. Souvent je me dis qu’il ne faut donc pas que j’attende trop pour aller faire une cache et parfois…. hé bien, j’attends trop quand même. Combien de fois, de belles caches de ma todo list, plusieurs fois reportées, ont fini archivées ! Il y a eu par exemple plusieurs forts ou urbex qui finirent par être condamnés et il y eut…  la Moria !

La Moria (GC27841) c’est une longue histoire. C’est une cache placée dans une mine de ma région. Elle fait partie des caches mythiques du secteur. Mon premier passage, en tant que jeune géocacheur jouant seul, ne me permit pas de trouver son entrée… Forcement, la Moria est discrète et secrète. Je l’ai ainsi mise dans ma liste de suivi. Le temps a passé, je me suis fait des amis géocacheurs expérimentés, j’ai appris, j’ai progressé sur tous les axes de la matrice. J’y pensais parfois, mais ce n’était jamais le bon moment. De plus, cette cache abritant des chauves-souris, elle était désactivée 6 mois par an. Et c’est toujours lors de la notification de désactivation que je me disais que j’aurais dû y aller.

Et puis un jour, il n’y eut plus de notification de désactivation. Son owner ne géocachant plus, la cache n’a jamais été réactivée, puis a fini par être archivée. La dernière notif’ donc fut celle qui sonna le glas de la cache. C’est alors que nous avons monté une petite équipe pour tenter de la retrouver tout de même. Mais malgré tout nos efforts et le temps passé sur place à chercher un WP qui n’existait plus, puis l’entrée cachée de la grotte, nous avons dû renoncer la mort dans l’âme.

Donc, archivez vos caches oui, mais allez chercher celle des autres avant qu’elles ne le soient.

Dans la Moria. Source : géocaching.com

 

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